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The man who shot Liberty Valance

Mardi, janvier 30th, 2007

17 janvier – 13 fevrier 2007/ January 17th – February 13th 2007

Etats-Unis / United States, dans les villes de / in the cities of Freedom, Love, Unity, Joy, Independence, Triumph, Comfort, Utopia, Pride, Truth or Consequences, Hope et Harmony.

Avec / With Aurélien Froment, Alessandro Nassiri, Jean Barberis, Aurélie Godard, Eric Stephany, Pierre Joseph, Renaud Auguste Dormeuil, Bruno Persat, Julien Bismuth, Dominique Blais, Mark Geffriaud, Virginie Yassef, Pierre Leguillon.
 

La simple évocation de la traversée des Etats-unis convoque tout un catalogue d’images, de récits et de paysages puisés dans le fonds commun d’un imaginaire rabâché. Toute la symbolique et la mythologie du pays désignent cette terre supposément vierge comme la surface de projection d’un rêve collectif. De fait, la toponymie du territoire dessine également la cartographie mentale et allégorique de ses habitants : Liberty, Glory, Honor, Love, Truth… sont autant de noms de rues, d’avenues, de quartiers ou de villes dont la récurrence n’étonne guère plus que les touristes et les historiens.
Des premiers pionniers du XVIIe siècle aux communautés utopiques du XIXe, plusieurs générations ont partagé la même volonté d’occuper et d’aménager le territoire de manière à ce qu’il corresponde à leurs aspirations, notamment en baptisant leurs colonies d’après les valeurs morales et religieuses qui les ont poussées à s’y établir. Ce mode d’implantation tautologique qui rend possible une phrase comme « I spend all my life in Joy » rend compte avant tout d’un processus d’auto-persuasion qui tend à faire de l’optimisme un Etat permanent.
Ces villes oubliées – ne dépassant que rarement la taille d’un hameau – fonctionnent comme autant de symboles d’une histoire simplifiée, d’un conte pour enfant qui trouve aujourd’hui sa plus fidèle expression dans la version édulcorée de Walt Disney. Quelque chose de cette naïveté subsiste lorsque l’on entreprend aujourd’hui de traverser l’Amérique en voiture. L’appât de la liberté qui a poussé les colons toujours plus à l’Ouest trouve une sorte d’équivalent symbolique dans l’actuelle tradition du road-movie qui alimente depuis plus de cinquante ans
l’embouteillage de la route de Kerouac.
The man who shot Liberty Valance propose d’emprunter une autre route. À l’instar des premières cartes des Etats-Unis, dessinées au gré des expéditions, et de la carte de Tendre (cartographie émotionnelle du XVIIe siècle), The man who shot Liberty Valence débute par le tracé d’une carte volontairement lacunaire, où ne figure que le nom des villes traversées : Freedom, Love, Justice, Independence, Joy, Glory, Triumph, Comfort, Utopia, Pride, Truth or Consequences, Hope et Harmony.
En spéculant sur un territoire idéalisé, les artistes sont invités à concevoir leurs projets et à anticiper sa réalisation à distance. Les pièces seront réalisées dans chacune des haltes prévues, d’après les formules, instructions ou modes d’emplois transmis par les artistes et ne seront finalisées qu’au moment de la découverte du contexte réel de chaque ville. D’Est en Ouest, The man who shot Liberty Valance dessinera en un mois un nouveau paysage mental et émotionnel des Etats-Unis, parcouru allégoriquement comme une idée qui traverse l’esprit.

 

The simple evocation of a road trip across the US summons a whole catalog of images, stories and landscapes drawn from a collective imaginary. The whole symbolic and mythology of the country designates this supposedly virgin land as a screen for a collective dream. In fact, the toponymy of the territory creates an allegorical mental map of its inhabitants: Liberty, Glory, Honor, Love, Truth… so many streets, avenues, neighborhoods or towns which names no one ponders at, except for tourists and historians.
From the early pioneers of the XVIIth century to the utopian communities of the XIXth century, many generations have shared the same will to occupy and shape the territory in a way that fits their aspirations, notably by naming colonies after the moral and religious values that sprang their creation.These tautological settlements allow for such sentences as "I spend all my life in Joy", an auto persuasion process, leading to a permanent state of optimism.
These forgotten towns (some are hardly villages) symbolize a simplified history, a fairy tale better expressed by its water downed Disney version.
Something of this naïveté still remains in today’s "road trip" culture. The appeal for freedom that kept early settlers to always push towards the West still rings with a symbolic echo in the contemporary road-movie tradition that has been jamming Jack Kerouac’s road with traffic for the past fifty years.
The man who shot Liberty Valance would like to go down an other road. Following the example of the early american maps, redefined with every expedition, and "carte de Tendre" (emotional cartography from the XVIIth century), The man who shot Liberty Valance starts with a voluntarily incomplete map only featuring the name of certain cities : Freedom, Love, Joy, Unity, Independence, Hope, Triumph, Comfort, Utopia, Pride, Truth or Consequences, and Harmony.
While speculating on an idealized territory, artists are invited to conceive their projects and to anticipate their completion from afar. The works will be executed in each stop along the way according to formulas, instructions or users manuals furnished by the artists and will only be finalized upon discovering the real context of each place.
From East to West, The man who shot Liberty Valance will create in a month a new mental and emotional american landscape, crossed allegorically, like an idea crosses the mind.

003 Joy – Eric Stephany

Jeudi, janvier 18th, 2007

Eric Stephany, Here we rest in Joy

On 22 blueprints, Eric Stephany compiled a set of unrealised projects concerning territory and its appropria-
tion. In the light of the morning dawn, the blueprints were hidden in every possible holes in the city, giving the
artist’s projections a place to rest.

Sur 22 impressions bleutées, Eric Stephany a compilé un ensemble de projets non réalisés qui ont trait à la question du territoire et de son appropriation. Dans la lumière du petit matin, les bluesprints ont été glissés un à un dans chaque interstice de la ville offrant aux projections de l’artiste un lieu de repos.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

002 – Freedom – Alessandro Nassiri

Mercredi, janvier 17th, 2007

Alessandro Nassiri, Freedom car

Demander à quelques habitants de Freedom leur définition de la liberté. Retranscrire en morse et projeter les phrases dans le ciel en fixant deux mirroirs devant les phares de la voiture.

Ask people in Freedom to give us their definition of freedom. Transcribe into morse code and project the result in the sky with two mirrors in front of the car’s lights.
 

 

 

 

see the movie freedomcar

 

 

 

 

 

 

001 – In every city – Aurelien Froment

Mardi, janvier 16th, 2007

Impression d’Amérique / Impression of America

 

 

 

 

 

 

«Salut Géraldine et Mark,

voici l’idée que j’ai en tête pour votre projet :

Impressions d’Amérique

C’est un voyage fictif en votre compagnie. Il s’agira de poster une carte postale depuis chacune des ville-étapes de votre voyage.

Elles seront de préférence achetées dans la ville-étape ou à proximité (un monument, un site touristique) s’il n’existe pas de carte postale de la ville en question. Elles devront par contre impérativement être postées depuis chacune des villes, de façon à être tamponnées du cachet de la poste locale. Les textes des cartes postales seront pré-écrits et raconteront le déroulement d’un voyage simultané et parallèle au votre.
L’ensemble des douze cartes constituera donc une courte fiction dont les éléments réccurents seront (dans le désordre) : ce que j’imagine de votre projet, le don d’ubiquité, la transparence, l’impression, le western et le land art. Techniquement c’est assez simple. Je vais rédiger chacun des textes, les écrire au crayon à papier sur papier calque que vous transférerez comme un décalcomanie sur les cartes que vous aurez achetées.

J’aurai besoin de votre adresse à New York pour vous envoyer le matériel nécessaire. Dites moi ce que vous en pensez et si vous trouvez ça faisable.

A bientôt,

Aurélien »

 

« Hi Geraldine and Mark,
Here’s the idea I’ve got in mind for your project.

Impressions of America

It’s a fictional trip with me by your side. The idea is to send a postcard from each of the cities you’ll stop in during your trip. They should preferably be bought in these very cities or nearby if you can’t find any (a monument, a tourist site). But they’ll have to be posted in the city itself in order to get the local postmark. The texts will be written in advance and will relate the story of a simultaneous trip, parallel to yours. The twelve postcards put together will compose a short fiction whose recurrent elements will be (in disorder) : what I imagine about your trip, ubiquity, transparency, impression, Wild West and Land Art.
It’s technically rather easy. I’ll write the texts in pencil on tracing paper and you’ll transfer them on the postcards as you do decalcomania.
I’ll need your address in New York to send the necessary material. Let me know what you think about it and if you find it feasible.
Yours,
Aurélien »